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lundi 17 août 2015

Le Fine Radis nouveau est là !!! Le Making-of : Episode n°5

Epidose n°5 : la phase finale, la reliure !
 
Après avoir préparé avec minutie toutes les couvertures et faces arrières, il est temps de passer à la reliure de tout cela. C'est une étape qui consiste à plier puis coudre toutes les petites feuilles imprimées en plusieurs petits cahiers. Ces petits cahiers sont ensuite cousus entre eux, encollés en attendant leur couverture !
Cette 1ère phase de reliure peut se faire bien en amont de la conception de la couverture. Rappelez-vous, c'est ce que nous avions fait entre le mois de Mars et Avril, juste après l'impression des planches.
 
Alors en plus de la couverture et de la face arrière, il faut une tranche qui les relie entre elle. Parfois ces tranches sont en tissus, mais nous, on préfère utiliser du papier peint. C'est plus simple et plus pratique.
 
A grands coups de cutters !
 
Une fois les tranches prêtes, on relie les faces avants et arrières ensemble. On laisse sécher, puis vient l'étape la plus critique et aussi la plus compliquée de toutes, le collage des cahiers reliés dans la couv.
 
En gros, on badigeonne généreusement de colle partout à l'intérieur de la couv (sur les mains et parfois sur le visage aussi en fonction du stress et de la générosité des mouvements) et on y insère les cahiers.
C'est l'étape où il ne faut pas se rater car le tout prend super vite. Le papier imbibé de colle se dilate comme un bisounours sous hélium donc on a l'impression d'avoir une plus grande feuille que prévue qui ne tient plus dans les dimensions (pourtant parfaitement étudiées) de la couv. Généralement, un énorme vent de panique (même quand on en a déjà fait des dizaines) monte à ce moment !
 
Vous remarquerez qu'il n'y a pas encore les cahiers reliés à l'intérieur de ces couv'.
On est donc à J-pas long avant la dernière ligne droite !
 
Ultime étape, après cette grosse montée d'adré que représente l'encollage, il faut laisser sécher pendant plusieurs jours sous presse pour que le précieux ait la forme désirée.
 
En gros, pendant plusieurs jours (minimum 3 à 4 en fonction de la colle, du papier, etc. utilisés) on sert les fesses en espérant qu'une fois sortie de la presse, le résultat sera à la hauteur de l'effort fourni.
 
Et voila ! une fois toutes ces étapes finies, on a un joli stock de superbes fanzines tout chaud sortis de la presse,
prêts à être consommés goulument !

Il est mimi hein ! :-)
 


On espère vraiment qu'il vous plaira !
 
Voilà, vous connaissez maintenant toutes les ficelles de la création de fanzine et de l'auto-édition avec les mains ! J'espère que ça vous aura plu et que la lecture du Fine Radis #1 vous plaira d'autant plus !
 
Beaucoup d'exemplaires ont été précommandés par le bouche à oreille, mais n'hésitez pas à nous contacter sur notre mail fine.radis@gmail.com si vous voulez plus d'infos et savoir comment vous procurer ce magnifique ouvrage. (Pas de panique si vous n'avez pas de réponse dans le 1/4 d'heure, on est pas non plus collé sur la boite mail, mais on vous répondra pour sûr  !)
 
On vous dit à bientôt et bonne lecture !
 
#La Fine Equipe#

vendredi 14 août 2015

Le Fine Radis nouveau est là !!! Le Making-of : Episode n°4

Epidose 4 : le travail à la chaîne !

Une fois qu'on a pris le coup de main avec la lino, il ne reste plus qu'à reproduire l'exercice 70 fois pour la couv avant et 70 fois pour la couv arrière.

Il commence à y en avoir quelqu'uns de prêts !

Ca y est le numéro #1 est né !

C'est vraiment une sensation extra que de voir un livre prendre vie sous ses petits yeux vitreux et gonflés de fatigue ! :-)

Comme dit précédemment, ils seront bien tous unique ! et tous magnifiques !
  
Il nous aura également fallut rajouter tout les "1" (oui car il s'agit du numéro #1. Le numéro précédent était le #0. Pourquoi ? Bin parce que !) au pinceau.

L'arme du crime !
 
Dans notre frénésie, nous avons aussi refait une petite quantité du numéro précédent (le Fine Radis #0 !) pour tous ceux et celles qui n'avaient pas pu en avoir. Il y en aura une petite vingtaine donc faisez vite  si vous en voulez !
Vous pouvez nous contacter par mail à : fine.radis@gmail.com.

Et c'est reparti !

Souvenirs...

Cette machine aux allures d'instrument de torture médiéval est une presse à lino. Mais souvent rien ne vaut la force brute ! :D
Non en vrai ce genre d'appareil peut parfois manquer de précision.

On en voit presque le bout...


Voila les petits loups ! C'est tout pour aujourd'hui. Je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures. Rendez-vous la semaine prochaine pour l'épidose n°5 !

#La Fine Equipe#

jeudi 13 août 2015

Le Fine Radis nouveau est là !!! Le Making-of : Episode n°3

EPISODE n°3 : la lino !
 
Alors, après avoir laissé sécher votre prééééécieux, l’idée est de découper les couv’ (avant et arrière) à la bonne cote avant de passer à la linogravue du titre sur la face avant et du logo sur la face arrière.

 
Regardez comme cette couv a été magnifiquement découpée  ! :)
Il faut être le plus régulier possible pour avoir des faces avants et arrières plus ou moins identiques
  
Pas évident à couper au cutter un carton aussi épais...
 
L'étape suivante c'est donc la lino, qui est une étape cruciale et délicate demandant pas mal d'attention et de doigté parce qu'on a vite fait de linograver le mauvais côté ou dans le mauvais sens et là c'est une couv de foutue !
 
 
Gouges
Le principe de la lino est assez simple, on en a déjà parler ici mais grosso modo, il consiste à arracher un bout de linoléum moche des 70’s de son salon et d’entailler la face arrière avec de petits ustensiles (des gouges) de manière à réserver les parties qui serviront à l’impression.
 
 
 
 
rouleau encreur
 
 
 
 
 
 
En gros, tout ce que vous enlevez de lino ne sera pas imprimable et oui, petite subtilité vous devez également faire votre entaillage en miroir par rapport à ce que vous souhaitez imprimer, sinon tout sera à l’envers une fois encrer sur la couv.
 
Bon si ce n’est pas claire, il existe de très bon sites qui expliquent tout ça sur les internets :-).
 
 
C'est une étape qui prend un peu de temps mais le résultat est de toute beauté :-) En en plus, grâce à cette technique, chaque couverture est unique car aucune linogravure est exactement identique à une autre.
 
Etape 1 : on encre son master en lino avec de la peinture

Etape 2 : on pose le master de lino là où l'on souhaite imprimer

Etape 3: On appouie bien fort et partout pour bien que la peinture se répande partout


Etape 4 : On prie pour ne pas avoir bouger !

Etape 5 : On enlève le master de lino délicatement
Etape 6 : on admire ! :)
 
Wwwwaaaaaaaa c'est beau !!
 
Voila c'est tout pour aujourd'hui ! Rendez-vous dans pas longtemps pour votre prochain épidose ;-) !
 
#La Fine Equipe#

mercredi 12 août 2015

Le Fine Radis nouveau est là !!! Le Making-of : Episode n°2

EPISODE n°2 : Bon bin maintenant faut attendre que ça sèche...
 
C'est certainement le passage le plus long car il consiste globalement à attendre que le dripping sèche, ce qui peut prendre pas mal de temps étant donné que nous avons utilisé de l'acrylique en généreuse quantité et que notre batcave n'est que très peu exposé à la lumière directe du soleil.

Ou alors il faut redoubler d'inventivité et tromper les éléments en utilisant par exemple un sèche-cheveux !

 
C'est long....
 
Tant que ça brille c'est que ce n'est pas sec !



On est obligé de se relayer mais toujours en respectant le quota : 1 qui bosse, 1 qui... soutient moralement :)


Voila c'est tout pour aujourd'hui, je vous dis à très vite pour l'épisode 3 !

#La Fine Equipe#


mardi 11 août 2015

Le Fine Radis nouveau est là !!!


Hé oui chers amis lecteurs de bandes dessinées, après 8 siècles d'attente, 3 pontages coronariens, 416 galons de nectar houblonné déglutis, 127 km parcourus (en grande partie à pied) à travers Paris (alias le Grand Urinoir), 2 combustions spontanées, 97 pizzas froides boulotées compulsivement, 817 crayons HB et 2B usés, 8 tubes d'acrylique explosés, 1,5 l d'encre de Kraken utilisée, 3780 feuilles en papier recyclé pliées, 654 clopes fumées, 70 couv' linogravées, 10 museaux de dauphin rose d'Amazonie concassés (ouai on en utilise pour la reliure des fanzines, ça sert de colle à papier), 322 coups de cutters joyeusement donnés, 3 transformations en super saïyen, 7m de fil de lin déroulé et 1 bobo à la main, voici enfin le tant attendu : FINE RADIS NUMERO #1 !!!!!!!!*

 
Les premiers exemplaires finalisés sont déjà en train de s'arracher comme des petits pains coupés à la poudre de gencives de licorne ! Faites vite si vous voulez le vôtre ! :-)
 
Chaque numéro sera cette fois encore complètement unique et numéroté. Contactez rapidement votre revendeur attitré dans les meilleurs délais !
 
Pour vous mettre un peu l'eau à la bouche, voici quelques images de la réalisation de tout cela. Vous avez déjà pu voir les 1ères étapes de reliures/coutures des planches il y a quelques semaines donc on va s'interresser ici à la finalisation du projet et plus particulièrement à la couverture.
 

EPISODE 1 : Mais comment qu'on va bien pouvoir les faire ces pu%$#!* de couv ?


Etape 1 : tracer les découpes des couv' au bon format en évitant de se planter dans les cotes !


Etape 2 : la déco de la couv

Etape 3 : le dripping c'est tout un art ! Regarder avec quelle delicatesse et dexterité le geste est exécuté ! :)


Etape 4 : contempler son travail !

Etape 5 : le truc avec le dripping c'est qu'on sait quand on commence mais jamais quand on doit s'arrêter...

Etape 6 : ...globalement on s'arrête quand on a plus de peinture...



Etape 7 : ...et aussi quand ça nous parait parfait !

Allez rendez-vous dans quelques jours pour l'épisode 2 ;-)
 
#La Fine Equipe#
* certaines infos communiquées plus haut peuvent potentiellement être erronées ;-)

samedi 31 janvier 2015

"J'ai participé aux vingt-quatre heures de la bande dessinée"



Témoignage


Xavier, 38 ans, Paris : "J'ai participé aux vingt-quatre heures de la bande dessinée".

Tout juste 48 heures après la fin des 24h de la bande dessinée, nous avons pu rencontrer J Xavier, l'un des plus de 350 participants à l'édition 2015 du marathon de bd rendu célèbre en France par Lewis Trondheim. 

 A quelques minutes du début de l'épreuve, le café s'impose déjà.


Le vieil homme sec au regard inquiet qui nous accueille à l'entrée de la tente érigée en hôpital de fortune devant un atelier de la rue Gauthey, où quelques dizaines de dessinateurs sont encore en convalescence, nous entraîne vers la terrasse d'un café où, nous dit-il, nous pourrons parler discrètement "sans que les médecins viennent nous faire chier. Magnez-vous, putain. De toute façon je finis ma sieste et j'y retourne, pas que ça à foutre, faut finir merde."

Une planche réalisée dans le cadre des 24h de la bd, mais qui a mystérieusement disparu quand J Xavier a foiré sa mise en ligne. 


Quand nous lui demandons ce qui l'a initialement poussé à participer aux 24h de la bd, Xavier sourit, sort un calepin et commence à griffonner en fermant un œil. Il nous faudra plusieurs minutes avant de comprendre que ses marmonnements que nous cherchons à comprendre sont des ronflements. Plus tard, il avouera qu'il avait souvent du mal à finir ses planches à temps : "24 planches en 24 heures, c'était complètement absurde pour moi qui passe deux mois à décider qu'une case est finie. Complètement ridicule ! Mais je vais terminer !"


En 1990, c'est précisément l'absurdité de ce défi qui pousse Scott McCloud à inventer les 24h de la bd : impressionné par la capacité de son ami Steve Bissette à dessiner vite en dédicace, en totale opposition avec la lenteur de sa production habituelle, il lui propose de réaliser un album en une journée. Il n'y a alors que deux participants, mais le challenge séduit vite : dix ans plus tard, les manifestations en temps limité se sont multipliées dans le monde entier, et dès 2007 McCloud lui-même arrête de compter. En France, pour la neuvième année, c'est la Maison des Auteurs qui organise l'événement de janvier, avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image, en partenariat avec le festival d'Angoulême. En amont comme en aval, les organisateurs restent discrets jusqu'au mutisme sur le site du festival, de la MDA, ou sur le blog de la Cité internationale. "De toute façon ils vont nous envoyer un e-mail pour nous dire que c'est terminé. Histoire de pas laisser ça flotter en l'air", assure Xavier en commandant un troisième sucrier. 

 Ca y est, le sujet est tombé. C'est le moment d'avoir des idées et encore du café.


Après un septième café, Xavier s'anime et demande du saucisson. "Le plus difficile, c'est de gérer son temps. David, il est rapide. Il a le temps d'aller aux chiottes. Moi, moins." Les quelques clients qui restent dans le café se sont depuis longtemps éloigné de notre table. Les besoins de l'interview nous obligent à rester proches de Xavier, et nous bénissons la sinusite et nos écharpes remontées jusqu'aux yeux, qui ne suffisent pourtant pas à masquer totalement les preuves olfactives de l'implication du dessinateur. 

On rigole, on rigole, mais il ne reste déjà plus que 17 heures. 


Trois heures pour la scénarisation et le story-board, vingt heures de dessin, encrage, lettrage, et une petite heure de scan, nettoyage et envoi : c'est le rythme pris par la plupart des bédétistes. Certains, aguerris ou téméraires, se lancent dans la première planche avant de savoir ce que leur réserve leur propre scénario. Xavier nous confirme qu'il fait partie de la première catégorie. "J'ai des petites fiches de la taille de mes cases : rien à mesurer, et c'est pas trop tordu, suffit de tracer autour de la fiche. Pour le story-board, on a photocopié des gaufriers de douze cases sur un A4 - on a toute l'histoire sous les yeux en deux pages. En fait, j'ai commencé à dessiner avant de finir le story-board, parce que j'avais découpé l'histoire en chapitres, et écrit suffisamment de texte pour me laisser guider sans avoir à réfléchir. Maintenant je suis en roue libre et ça tombe bien parce que je fatigue un peu."

Un peu après minuit, il reste des fruits, des chouquettes et du rouge. 


Pour tous les auteurs, professionnels, amateurs et étudiants, que nous avons rencontrés, il y a bien un moment où réfléchir devient problématique. La concentration va croissant, mais la fatigue aussi, et vers cinq heures du matin tous ont ralenti. Est-ce que la lumière de l'aube a ramené un peu de motivation ? "Putain, l'aube blanche amène que grave on se pèle le jonc pendant les pauses clope, oui. D'ailleurs faut pas oublier de sortir avec un stylo sinon c'est vite une heure que tu perds au total, si tu fumes. Un stylo avec antigel et un carnet étanche, because ils organiseraient pas ça en juillet, hein?"


A propos d'antigel, nous remarquons que certaines des taches sur le pull à torsades de Xavier sont des taches de vin. "Ah mais attention, faut ménager sa biture. Deux petits verres avant que la nuit tombe et ça suffit. Surtout à cause de la déshydratation, quoi. Et puis dessiner c'est comme écrire, ce que tu fais bourré tu le comprends plus du tout quand t'es à jeun." Et se faire comprendre, c'est toujours un problème quand la bande dessinée se fait en temps limité. "Je sais que c'est toujours un souci pour moi, parce que j'aime bien les ellipses, et que je dessine pas bien synthétiquement. Avec une grosse contrainte horaire, il faut pas emmener le lecteur trop loin du sujet, même si on veut raconter une histoire qui s'éloigne de l'intitulé. C'est pas toi qui a ma gomme ?" 

Un peu avant l'aube, il reste de l'eau tiède et du courage. 


Justement, quid du sujet? Comme chaque année, certains participants ont glissé dans leur travail des remarques sur la contrainte du jour. "Moi c'est mes premières 24h, et je pars du principe que les sujets c'est toujours nul. Mais j'avais vraiment envie de faire quelque chose de très libre, sans cases, avec aussi peu de personnages que possible. Et là, vlan, il a fallu que la contrainte impose des cases, et du texte dans une case sur deux. Ca m'a bien fait chier mais c'est le jeu." Après avoir vidé dans une soucoupe un petit sachet de ce qui ressemble à du bicarbonate de soude, Xavier reprend : "Je crois que le moment où on décide de jouer le jeu, de pas faire d'auto-référentiel en abyme, d'accepter l'arbitraire du truc, c'est le moment où ça commence : c'est du boulot, on fait pas semblant, et on fait ça ensemble. Snif. Ca aide d'avoir d'autres dessinateurs autour de soi : il y a plusieurs moments de doute au début, des coups de barre et des coups de flip. Voir les autres bosser, ça permet de se relancer, de mettre les choses en perspective. Et puis c'est pas possible d'abandonner quand t'es en face de quelqu'un qui se donne du mal. Snif."


L'ambiance dans l'atelier de la rue Gauthey a porté ses fruits : sur sept inscrits, sept dessinateurs sont présents à la fin du temps réglementaire. Il y a aussi ceux qui n'ont pas pu s'inscrire mais participent au défi, avec le groupe pour quelques heures ou pour les 24. "L'inscription était à la fois très facile et à peine possible. Il a fallu que je relance sept fois le téléchargement des mêmes fichiers aux mêmes dimensions avant que le site les accepte", nous confie Xavier. "Je me suis dit qu'au moment de la mise en ligne des pages, si le serveur réagissait de la même manière, ça allait être un joyeux boxon. Mais finalement ça se fait tranquille." "Tranquille", et avec ordre - les scanners et les postes de travail sont partagés sans fausse note. Au final, tout le monde a gagné : sur les 361 participants (77 professionnels, 130 amateurs et 154 étudiants), tous ont pu mettre en ligne au moins une planche, et 227 ont rempli le contrat de 24 planches. "Je suis vraiment scié par le boulot fourni par les collègues de l'atelier. Je suis pas très content de ce que j'ai fait jusqu'ici, mais je pense pouvoir rattraper tout ça dès que j'aurais retrouvé ma page 11. En tous cas les autres - Charlotte, Chichile, Fleur, Bearboz, Camill, David - c'est des bons. Et ils ont fait tout ça avec le sourire, en partageant leurs calembours et leur maté. Putain ça va faire bizarre de se quitter quand ce sera fini !" 

Plus que 6 heures, et il nous reste encore un demi paquet de clopes et deux dixièmes de vision dans l’œil gauche. 

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"C'est comme ça tous les ans", soupire l'infirmière qui vérifie la perfusion de tranquillisants de Xavier, revenu à son lit de camp. "Ils nous les surmènent pendant une grosse journée, et comme c'est des fragiles, ces dessinateurs, ils ont souvent beaucoup de mal à s'en remettre. Pour la plupart, ils seront à peu près lucides pour le festival de Saint-Malo. Les moins chanceux enchaînent sur le festival d'Angoulême, et là..." 

Xavier remue et nous adresse un dernier sourire : "Bon les jeunes, c'est pas tout ça mais je vais y retourner. Je me donne encore 5 minutes et je me réveille. De toute façon il est pas terrible ce rêve, y fait froid et ça sent pas très bon." 

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En attendant qu'il se réveille, les bandes dessinées sont visibles sur le site des 24h :